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Bankroll

Gérer son capital aux courses : la méthode bankroll

Par l'équipe BlackTurfMis à jour le 9 min de lectureMéthodeGestion

On parle toujours de pronostics, rarement de mises. C'est une erreur d'ordre de grandeur : à avantage égal, deux plans de mise différents donnent l'un un capital qui dure, l'autre un compte vidé avant que l'avantage ait eu le temps d'exister.

1 à 3 %
de la bankroll par pari

l'ordre de grandeur prudent

¼ Kelly
fraction raisonnable

le plein Kelly est trop violent

26 %
de chances d'enchaîner 10 pertes

sur un pari qui gagne 12,7 %

300+
paris avant de juger

en dessous, c'est du bruit

Première règle : un capital dédié

Définissez une somme que vous pouvez perdre entièrement sans conséquence sur votre vie. C'est votre bankroll. Tout se calcule ensuite en pourcentage de ce capital, jamais en euros décidés au feeling devant une course.

Cette règle n'a rien de moral : elle est mathématique. Une mise exprimée en pourcentage décroît automatiquement quand le capital baisse, ce qui rend la ruine complète impossible en théorie. Une mise en euros fixes, elle, ne s'adapte pas — et c'est toujours la dernière série perdante qui coûte le compte.

Mise fixe ou mise proportionnelle ?

Deux façons de calculer la mise
 Mise fixeMise proportionnelle
Règletoujours le même montant, par exemple 5 €toujours le même pourcentage, par exemple 2 % du capital
Quand ça va malla mise reste la même : la part du capital engagée augmentela mise diminue d'elle-même : le capital dure plus longtemps
Quand ça va bienvous n'exploitez pas les gainsla mise grandit avec le capital
Ruine complètepossibleimpossible en théorie — le capital s'approche de zéro sans l'atteindre
Pour quidébuter, tester une méthode sur peu de parisjouer régulièrement sur plusieurs mois

Kelly, et pourquoi on le divise

Le critère de Kelly calcule la fraction du capital à engager en fonction de l'avantage réel :

fraction = (probabilité × cote − 1) ÷ (cote − 1)

Un exemple concret. Vous estimez qu'un cheval a 25 % de chances, et sa cote est de 5,0 — le marché lui en donne donc 20 %. Kelly conseille (0,25 × 5 − 1) ÷ 4 = 6,25 % du capital. C'est énorme, et c'est exactement pourquoi personne de sérieux ne joue le plein Kelly : la formule suppose que votre probabilité est juste. Si elle est surestimée de deux points — ce qui n'est rien —, la mise optimale s'effondre.

La variance, en chiffres

La raison d'être de tout ce qui précède tient en une ligne : même une méthode qui gagne traverse des séries perdantes plus longues qu'on ne l'imagine. Pour un pari qui gagne p fois sur cent, la probabilité d'enchaîner n pertes vaut (1 − p)n. Le résultat n'a rien d'intuitif :

Probabilité de traverser une série perdante, selon le pari

Calcul direct à partir des taux de réussite mesurés sur nos douze derniers mois de courses.

Favori du marché (gagne 33,7 %) — 10 pertes d'affilée
1,6 %
Cote de 5 à 10 (gagne 12,7 %) — 10 pertes d'affilée
25,7 %
Cote de 10 à 20 (gagne 6,2 %) — 20 pertes d'affilée
27,8 %
Quinté+ à cinq chevaux (gagne 1,6 %) — 50 pertes d'affilée
44,6 %

Taux de réussite issus des mesures publiées dans « favori ou outsider » et « base et champ réduit ».

Lecture : en jouant des chevaux cotés 5 à 10 — la tranche la moins chère du marché — une série de dix pertes consécutives a une chance sur quatre de se produire. Ce n'est pas de la malchance, c'est le régime normal du jeu. Et sur un Quinté+ à cinq chevaux, enchaîner cinquante tickets perdants est plus probable que l'inverse.

D'où la règle de dimensionnement : votre capital doit encaisser la plus longue série plausible sans vous faire changer de plan. À 2 % de mise, dix pertes coûtent 18 % du capital ; à 10 % de mise, elles en coûtent 65 %, et le plan ne tient plus.

Tenir un suivi qui ne s'arrange pas

Notez chaque pari : date, course, type, mise, cote obtenue, résultat. Deux colonnes valent plus que toutes les autres — la cote obtenue, parce qu'elle décide du gain, et la date d'enregistrement, parce qu'un pari noté après la course ne prouve rien.

Le seuil de jugement est plus haut qu'on ne croit : sous trois cents paris, un résultat ne distingue pas une méthode d'une série de chance. C'est le même principe que pour un pronostic annoncé « par IA » : sans dénominateur ni horodatage, un taux de réussite ne veut rien dire. Nos performances sont publiées sous cette contrainte, périodes perdantes comprises.

Les quatre erreurs qui ruinent

  • Doubler après une perte. La martingale transforme une série normale en ruine certaine : il suffit d'une série de dix — qui, on vient de le voir, arrive une fois sur quatre.
  • Miser plus quand « on le sent ». La taille de la mise doit venir de l'écart mesuré entre probabilité et cote, jamais d'une impression.
  • Changer de plan au milieu d'une série. Un plan de mise ne se juge pas sur vingt paris. Le changer en cours de route, c'est n'en avoir aucun.
  • Chercher le gros rapport pour se refaire. Les cotes de 20 et plus rendent −34,5 % à qui les joue systématiquement — c'est la pire tranche du marché, détaillée dans favori ou outsider.

Un plan de mise ne vaut que branché sur un avantage réel. Le nôtre est publié en continu : réussite, calibration, valeur à la clôture, et les mois perdants avec le reste.

Voir nos performances

Méthode et sources

Les probabilités de série perdante sont calculées, pas relevées : pour un pari qui gagne p fois sur cent, la probabilité d'enchaîner n pertes vaut (1 − p) élevé à la puissance n, en supposant les courses indépendantes. Les taux de réussite qui alimentent le calcul, eux, sont mesurés sur les douze derniers mois de courses (voir « favori ou outsider » pour les cotes, « base et champ réduit » pour le Quinté+).

L'exemple de Kelly suppose une probabilité estimée de 25 % contre une cote de 5,0. La formule ne dit rien de la justesse de cette estimation : c'est précisément la raison pour laquelle on n'en joue qu'une fraction.

Le jeu comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Jouez de façon responsable. Interdit aux mineurs.

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