Éternel débat du turfiste : sécuriser avec le favori, ou viser le gros rapport de l'outsider ? La question se tranche par la mesure, pas par le tempérament — et la mesure dit quelque chose d'inattendu : c'est dans les grosses cotes que la valeur est le plus sûrement absente.
- 211 116
- partants mesurés
- 33,7 %
- des courses gagnées par le favori
- −11,0 %
- la tranche la moins chère
- −34,5 %
- la tranche la plus chère
sur 18 992 courses
le cheval de cote la plus basse
cotes de 5 à 10
cotes de 20 et plus
Courses terminées des douze derniers mois, arrivées officielles PMU et cote au départ, non-partants exclus.
Taux de victoire et rendement, par tranche de cote
Le rendement de la dernière colonne est celui d'une stratégie aveugle : miser 1 € en Simple Gagnant sur chaque cheval de la tranche, toute l'année.
| Cote au départ | Partants | Victoires | Rendement |
|---|---|---|---|
| Moins de 2 | 3 384 | 53,2 % | −13,2 % |
| 2 à 3 | 8 087 | 35,6 % | −13,0 % |
| 3 à 5 | 19 773 | 22,7 % | −11,9 % |
| 5 à 10 | 41 389 | 12,7 % | −11,0 % |
| 10 à 20 | 47 074 | 6,2 % | −17,5 % |
| 20 et plus | 91 409 | 1,8 % | −34,5 % |
Ce que perd une mise aveugle de 1 €, par tranche de cote
Le tableau ci-dessus donne le détail ; ce graphique donne la forme — et elle n'est pas plate.
- Cote moins de 2
- −13,2 %
- Cote 2 à 3
- −13,0 %
- Cote 3 à 5
- −11,9 %
- Cote 5 à 10
- −11,0 %
- Cote 10 à 20
- −17,5 %
- Cote 20 et plus
- −34,5 %
211 116 partants, douze mois, cote PMU au départ.
Le biais favori-outsider, mesuré chez nous
Toutes les tranches perdent : c'est le prélèvement PMU, prélevé sur chaque enjeu avant redistribution. Mais elles ne perdent pas également. De moins de 2 à 10, la perte tourne autour de 11 à 13 % — soit à peu près le prélèvement, ni plus ni moins. Au-delà, elle s'effondre : −17,5 % entre 10 et 20, et −34,5 % à partir de 20.
C'est le biais favori-outsider, et il est net : les parieurs sur-misent les gros outsiders — l'attrait du jackpot — ce qui écrase leur cote sous leur vraie chance. Un cheval à 20 et plus gagne 1,8 fois sur cent. Le marché le paie comme s'il gagnait nettement plus souvent.
La conclusion pratique va à rebours de l'intuition : ce n'est pas dans les grosses cotes que se cache la valeur, c'est là qu'elle est systématiquement absente. Un outsider ne se joue que sur une raison précise, jamais par principe.
Le favori gagne un tiers des courses — et plus le champ est réduit
Le favori du marché — le cheval de cote la plus basse au départ — l'emporte dans 33,7 % des courses. Ce chiffre dépend d'une chose avant tout : le nombre de concurrents.
| Peloton | Courses | Le favori gagne |
|---|---|---|
| 8 partants ou moins | 3 853 | 40,7 % |
| 9 à 12 partants | 8 362 | 34,4 % |
| 13 à 16 partants | 6 294 | 28,9 % |
| 17 partants et plus | 483 | 27,1 % |
Dans un Quinté+, où le peloton est large et le lot relevé, le favori ne gagne plus que 27,5 % du temps, contre 33,8 % dans les autres courses. C'est précisément pour cela que le Quinté+ paie : il est difficile.
Le deuxième et le troisième de la cote ne sauvent rien
On lit souvent qu'il vaut mieux jouer le deuxième favori, « moins évident donc mieux payé ». La mesure ne le confirme pas : le 2ᵉ de la cote gagne 19,4 % des courses pour un rendement de −11,5 %, le 3ᵉ 13,5 % pour −11,7 %, le 4ᵉ 9,5 % pour −15,8 % et le 5ᵉ 6,8 % pour −22,6 %. Autrement dit, les quatre premiers du marché se valent à peu près, et tout ce qui vient après coûte cher.
Alors, que faut-il jouer ?
Ni le favori ni l'outsider par principe : ce qui compte est l'écart entre la probabilité réelle et la cote. Un favori à 2,0 dont la chance réelle est de 60 % est un bon pari ; un outsider à 25 dont la chance réelle est de 2 % est un mauvais pari, même s'il gagne parfois. C'est la définition du pari de valeur, et c'est ce que le modèle de BlackTurf calcule course par course — une probabilité par cheval, comparée à la cote du marché.
Les chiffres ci-dessus disent où le marché se trompe en moyenne. Ils ne disent pas quel cheval battre aujourd'hui : le programme du jour porte l'analyse course par course, et la page Nos performances publie ce que ces analyses ont donné à l'arrivée, pertes comprises.
Pour chaque course du jour : la probabilité calculée de chaque cheval face à la cote du marché — exactement l'écart dont parle cet article.
Voir les courses du jourMéthode : courses terminées du 21 septembre 2025 au 21 septembre 2026, arrivées officielles PMU, cote PMU au départ, non-partants exclus. Le favori est le cheval de cote la plus basse ; en cas d'égalité, le plus petit numéro. Les 19 078 courses de la période portent une arrivée ; 18 992 portent en plus une cote PMU exploitable, et ce sont celles-là qui sont mesurées — les 86 autres ne sont pas corrigées, elles sont écartées.